Résidences

Dès ses débuts, la structure a mis en place une logique de transversalité et de partages de compétences avec différents acteurs de territoire. L’élan amorcé avec le musée Maison de la Mémoire et du Patrimoine et les Archives de la vallée de Chamonix a permis de bâtir un programme d’éducation du regard sur 5 années à destination des jeunes, des familles et du tout public. Nous avons apporté notre expertise en matière de scénographie, de construction de projets, de médiation…

Nous avons ensuite poussé le geste en proposant une coopération sur le festival SHOOT et la première des résidences que nous allions déployer en altitude.

2020/2021 – Jean-Pierre Angei – (en cours)

J’œuvre depuis des années à mettre en valeur l’humain dans ce qu’il a de plus épuré, entre l’être et le paraître je m’attache plus à l’être dans mes portraits. En écho je photographie des histoires de lieux et de paysages habités, façonnés par l’homme et comme lui traversés par le temps.
La résidence me permettra de prolonger mon travail vers une trame de peaux, portraits, visages topographique et d’une radiographie aérienne révélée par les paysages de Chamonix. J’aimerais donc pouvoir mettre en miroir la peau de la montagne avec celle ses habitants. Interroger toujours les traces du temps.

Les photographies sont prises en argentique noire et blanc au moyen format 6×6 et 24×36 mm

2019/2021 – Laure Maugeais – Mythologie des hauteurs

D’abord il y a cette cabane de moyenne montagne, sur les rives de la Mer de Glace, un lieu chaleureux dans un environnement hostile. Chaleureux de par le cocon qu’il offre et l’accueil qu’on y reçoit, mais hostile dans cet environnement sauvage où le climat, parfois rude, façonne le paysage autant que la personnalité des gens qui y vivent ou qui le traversent.

Et puis il y a les services d’addictologie et de soins de suite et de réadaptation de l’hôpital de Chamonix, des patients préparant une prochaine « ascension de vie ». Un monde que l’on peut penser radicalement différent, mais qui, à la réflexion, présente de nombreux traits communs avec celui de la montagne.

Ainsi peut-on se poser la question : qu’est-ce qui se passe au refuge ? Refuge de montagne ou refuge mental, besoin physique ou besoin intime de trouver un abri, un cocon voire une planque ? Ce qui est certain, c’est qu’il n’est qu’une étape, un espace temps pour se déposer, soi, avant de poursuivre sa route.

L’artiste pose ses pas dans une démarche poétique des lieux, elle entre délicatement dans le monde végétal, minéral, animal, vécu comme sauvage, cruel même, où l’homme pose ses pas, choisit sa voie. Elle explore la forêt, les roches, dort en montagne, fait des portages, elle expérimente les montées, les descentes, dans la neige, la glace, au printemps, les nuits, les jours au refuge accompagnée ou non du gardien. C’est physiquement qu’elle aborde le projet, en le vivant de façon totale, en entrant dans l’Esprit des lieux. Parallèlement, elle écoute, stimule et accompagne les patients dans un processus thérapeutique afin d’ouvrir la porte du refuge et le quitter avec douceur. En recontactant des mémoires perdues, en se nourrissant de la beauté de la flore, en s’inspirant de l’énergie de la faune, chacun dépose ses valises, ses sacs à dos et peut ainsi passer à une prochaine étape.

Ce projet est soutenu par la DRAC Rhône Alpes, le Département Haute Savoie, les Hôpitaux du Mont Blanc, l’ARS, le dispositif Culture et Santé, la structure d’éducation du regard Image Temps

2018 – Benoit Capponi et Clémence Moreau – Ici quelque part

Pour leur première résidence, Benoît et Clémence ont posé leur regard sur la vallée et ont réalisé un travail de création à 4 mains.

Ici quelque part, ce sont deux regards complices et complémentaires qui offrent une vision singulière de ce territoire de montagnes, loin de l’image touristique à laquelle nous sommes habitués.

Guidés par leurs rencontres avec les résidents de l’Ehpad Hélène Couttet et les aînés de la salle de convivialité Marie Paradis, ils ont pu tisser un fil d’Ariane liant les récits, anecdotes et autres souvenirs contés par les anciens à leur vision du territoire.

Amoureux de la photographie argentique, ils aiment travailler avec le sténopé (appareil photo basique) autant pour les contraintes « oulipiennes » qu’il impose que pour le caractère des images qu’il produit. En effet, photographier au sténopé c’est prendre le temps, tant pour la prise de vue que pour la découverte des images. Mais c’est surtout le parti pris d’un rendu particulier où toute l’image paraît nette. Les effets et les temps de pose assez longs procurent une sensation de voir filer le temps dans l’image. « Nous souhaitons que ces photos fassent ressortir un regard singulier, un rapport direct et brut avec le territoire de la vallée de Chamonix dans sa dimension naturelle et son environnement urbain, en contraste avec les récits des anciens nous décrivant pour la plupart leur vision de la vallée telle qu’elle est restée dans leur mémoire. »

Cette résidence de création a été conçue par Laure Maugeais, menée avec Image Temps et avec le soutien de l’Agence régionale de santé Auvergne- Rhône-Alpes, du ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre du programme régional Culture et Santé, animé par interSTICES.

2016 – Lise Dua – La vallée blanche

Au rythme des saisons de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc j’ai suivi ses hbaitants sur des sentiers porteurs d’une histoire personelle, d’une mémoire individuelle ou d’un quotidien. J’ai recueilli leurs témoignages, et marché dans leurs pas, le long des sentiers qu’ils m’ont fait découvrir. En les suivant sur ces itinéraires je transmets une expérience du territoire spécifique à chacun, où l’intime s’entremêle avec le collectif. 

Cette série a été réalisée d’octobre 2015 à avril 2016, dans le cadre de la résidence SHOOT! mise en place par la structure Image Temps.